Deux avenants étendus, applicables en octobre
Les partenaires sociaux ont signé deux avenants le 10 juin 2026 :
- Avenant n° 13-B relatif aux salaires du secteur de la boucherie.
- Avenant n° 12-P relatif à la grille des salaires du secteur de la poissonnerie.
L’arrêté du 7 septembre 2026, publié au Journal officiel du 19 septembre 2026, les rend obligatoires pour les employeurs et les salariés compris dans le champ de la convention, dans le champ professionnel propre à chaque avenant. [3]
L’article 4 de chacun des avenants prévoit une application au premier jour du mois suivant la publication de l’arrêté d’extension. Les nouveaux minima s’appliquent donc au 1er octobre 2026. La date de signature du 10 juin et celle de l’arrêté du 7 septembre ne constituent pas, à elles seules, la date de début d’application des grilles. [1] [2] [3]
| Étape | Date |
|---|---|
| Signature des deux avenants | 10 juin 2026 |
| Arrêté d’extension | 7 septembre 2026 |
| Publication de l’arrêté au Journal officiel | 19 septembre 2026 |
| Application des nouveaux minima | 1er octobre 2026 |
Boucherie : une revalorisation de 1,5 % des minima
L’avenant n° 13-B prévoit une revalorisation de 1,5 % sur l’ensemble des postes de la grille. Les montants figurant dans son annexe sont les nouveaux minima à retenir. [1]
Cette revalorisation des minima conventionnels ne signifie pas que chaque salaire effectivement versé doit automatiquement augmenter de 1,5 %. Pour un salarié déjà rémunéré au-dessus du nouveau minimum, une éventuelle augmentation dépend aussi des engagements contractuels ou collectifs applicables dans l’entreprise.
La grille boucherie pour 151,67 heures
Les niveaux I à IV concernent les ouvriers et employés. Les niveaux V à VII figurent dans la partie « Agents de maîtrise et cadres » de l’annexe. [1]
| Niveau | Échelon | Minimum mensuel brut |
|---|---|---|
| I | A | 1 968 € |
| I | B | 1 989 € |
| II | A | 2 013 € |
| II | B | 2 033 € |
| II | C | 2 068 € |
| III | A | 2 192 € |
| III | B | 2 241 € |
| III | C | 2 328 € |
| IV | A | 2 336 € |
| IV | B | 2 407 € |
| IV | C | 2 444 € |
| IV | D | 2 563 € |
| V | Sans échelon indiqué | 2 782 € |
| VI | A | 3 033 € |
| VI | B | 3 054 € |
| VI | C | 3 419 € |
| VII | A | 3 893 € |
| VII | B | 3 992 € |
La grille associe les niveaux et échelons à des emplois. Par exemple, le boucher préparateur figure au niveau II, échelon B, à 2 033 € ; le boucher préparateur qualifié au niveau III, échelon A, à 2 192 €. [1]
Un intitulé de poste abrégé ne suffit donc pas à sélectionner le montant. Le rattachement doit correspondre à la classification applicable au salarié.
Exemple : un minimum de 2 192 €
Un salarié à temps complet, classé au niveau III, échelon A, perçoit 2 150 € bruts par mois. On suppose qu’il n’a aucune absence et que ce salaire constitue le seul élément de rémunération entrant dans la comparaison au minimum conventionnel.
À compter d’octobre, son salaire doit atteindre au moins 2 192 €, soit un écart de :
2 192 € − 2 150 € = 42 € bruts par mois.
Ce calcul illustre l’application de la nouvelle grille. Il ne tranche pas les éventuels rappels dus pour les périodes antérieures.

Poissonnerie : une grille par coefficient
L’avenant n° 12-P fixe une grille propre aux entreprises et salariés du secteur professionnel de la poissonnerie. Il précise que les nouvelles grilles se substituent aux grilles antérieures. Les montants sont bruts, pour 151,67 heures de travail mensuel. [2]
La grille poissonnerie pour 151,67 heures
| Niveau et catégorie | Coefficient | Minimum mensuel brut |
|---|---|---|
| I · Employés et ouvriers | 130 | 1 897,02 € |
| I · Employés et ouvriers | 135 | 1 947,54 € |
| I · Employés et ouvriers | 140 | 1 969,37 € |
| I · Employés et ouvriers | 145 | 1 994,97 € |
| I · Employés et ouvriers | 150 | 2 020,15 € |
| I · Employés et ouvriers | 160 | 2 049,49 € |
| I · Employés et ouvriers | 165 | 2 079,53 € |
| I · Employés et ouvriers | 170 | 2 106,56 € |
| I · Employés et ouvriers | 175 | 2 135,19 € |
| I · Employés et ouvriers | 180 | 2 154,96 € |
| I · Employés et ouvriers | 185 | 2 192,97 € |
| I · Employés et ouvriers | 190 | 2 212,83 € |
| I · Employés et ouvriers | 195 | 2 251,42 € |
| II · Agents de maîtrise | 200 | 2 271,78 € |
| II · Agents de maîtrise | 205 | 2 311,45 € |
| II · Agents de maîtrise | 210 | 2 394,41 € |
| II · Agents de maîtrise | 220 | 2 421,08 € |
| II · Agents de maîtrise | 230 | 2 477,97 € |
| II · Agents de maîtrise | 240 | 2 521,78 € |
| II · Agents de maîtrise | 250 | 2 563,35 € |
| III · Cadres | 300 | 3 139,15 € |
| III · Cadres | 350 | 3 461,65 € |
| III · Cadres | 400 | 3 784,06 € |
| III · Cadres | 450 | 4 104,62 € |
Les coefficients correspondent à des emplois et à des qualifications, avec, pour certaines lignes, des conditions d’expérience ou d’encadrement. [2]
Le coefficient 130 vise notamment le vendeur saisonnier en poissonnerie et le préparateur de commandes saisonnier. Il ne constitue pas un coefficient d’entrée à appliquer à tous les nouveaux salariés.
Le commis poissonnier avec CAP figure au coefficient 150. La grille prévoit d’autres coefficients lorsque les conditions d’expérience indiquées dans le texte sont réunies, notamment le coefficient 160 avec CAP et deux ans d’expérience. [2]
Exemple : un commis poissonnier avec CAP
Un salarié à temps complet, relevant du coefficient 150, perçoit 2 000 € bruts mensuels. On suppose qu’il n’a aucune absence et que ce salaire constitue le seul élément entrant dans la comparaison au minimum conventionnel.
Le nouveau minimum est de 2 020,15 €. L’écart à couvrir pour un mois complet est donc de :
2 020,15 € − 2 000 € = 20,15 € bruts.
Si les conditions d’un coefficient supérieur sont réunies, la comparaison doit être effectuée avec le minimum correspondant à ce coefficient, et non avec celui du coefficient 150.
Une même convention ne signifie pas une grille unique
Les deux avenants relèvent de l’IDCC 3254, mais leurs tableaux ne sont pas interchangeables. Une classification de boucherie ne se convertit pas automatiquement en coefficient de poissonnerie.
L’arrêté d’extension maintient expressément le champ professionnel respectif de chaque avenant. Le choix du tableau doit donc tenir compte du secteur et des dispositions applicables au dossier. [3]
Ces grilles doivent également rester distinctes de celles de l’IDCC 3237, convention des métiers du commerce de détail alimentaire spécialisé, traitées dans un article consacré aux nouveaux minima d’octobre 2026.
Questions fréquentes
Les nouveaux minima concernent-ils les employeurs non adhérents ?
Oui. L’extension rend les avenants obligatoires pour tous les employeurs et salariés compris dans leur champ d’application, selon les conditions prévues par les textes. [3]
Les entreprises de moins de 50 salariés sont-elles concernées ?
Oui. L’article 3 de chacun des deux avenants indique qu’il n’y a pas lieu de prévoir de dispositions spécifiques pour les entreprises de moins de 50 salariés. [1] [2]
Tous les salaires de boucherie doivent-ils augmenter de 1,5 % ?
L’avenant revalorise les minima de la grille de 1,5 %. Il n’instaure pas, à lui seul, une augmentation identique de tous les salaires déjà supérieurs aux nouveaux minima. Les engagements propres à l’entreprise restent à prendre en compte.
Le coefficient 210 de la poissonnerie est-il bien fixé à 2 394,41 € ?
Oui. Ce montant figure dans la copie de l’avenant 12-P contrôlée pour cet article. Il est repris tel quel, sans recalcul à partir des coefficients voisins. [2]
Pourquoi certaines copies portent-elles encore la mention « non étendu » ?
Cette mention décrit l’état du document avant l’extension. Elle doit être rapprochée de l’arrêté du 7 septembre 2026, publié le 19 septembre, qui a depuis étendu les deux avenants. Pour la date d’application, il faut lire ensemble l’arrêté et l’article 4 de chaque avenant. [1] [2] [3]
Besoin de vérifier l’application de ces minima sur vos paies ?
Vous dirigez une boucherie, une poissonnerie ou gérez ces dossiers en cabinet ? Une grille actualisée doit être associée à la bonne classification pour appliquer le minimum correspondant au salarié.
Nexus Paies Conseils vous accompagne dans le contrôle de vos dossiers de paie. Si des écarts nécessitent des corrections, une mission de reprise et de régularisation peut être définie séparément.

