Une grille distincte de la boucherie et de la poissonnerie
Cet avenant relève de la convention collective de la charcuterie de détail, IDCC 953. Il ne doit pas être confondu avec les grilles de boucherie et de poissonnerie de l’IDCC 3254. L’activité principale réellement exercée et le champ de la convention doivent être examinés avant de choisir le barème.
Le seul intitulé du poste, par exemple vendeur en charcuterie, ne suffit pas à identifier la convention de l’employeur. Les grilles de boucherie et de poissonnerie sont présentées dans un article distinct.
Les 13 minima de l’avenant n° 65
Le tableau ci-dessous reprend les montants de l’article 1 de l’avenant. Les minima sont exprimés en brut. La colonne mensuelle correspond à la base de 151,67 heures indiquée par le texte ; elle ne représente pas la rémunération totale de chaque salarié.[2]
Sur petit écran, faites défiler le tableau horizontalement pour voir toutes les colonnes.
| Catégorie | Coefficient | Brut horaire | Brut mensuel pour 151,67 h |
|---|---|---|---|
| Ouvriers et employés | 150 | 12,52 € | 1 898,91 € |
| Ouvriers et employés | 160 | 12,68 € | 1 923,18 € |
| Ouvriers et employés | 170 | 12,82 € | 1 944,41 € |
| Ouvriers et employés | 180 | 13,20 € | 2 002,04 € |
| Ouvriers et employés | 190 | 13,74 € | 2 083,95 € |
| Ouvriers et employés | 200 | 14,22 € | 2 156,75 € |
| Agents de maîtrise | 210 | 14,48 € | 2 196,18 € |
| Agents de maîtrise | 220 | 14,93 € | 2 264,43 € |
| Agents de maîtrise | 230 | 15,43 € | 2 340,27 € |
| Agents de maîtrise | 240 | 15,94 € | 2 417,62 € |
| Agents de maîtrise | 260 | 16,96 € | 2 572,32 € |
| Cadres | 300 | 19,32 € | 2 930,26 € |
| Cadres | 330 | 20,84 € | 3 160,80 € |
Les heures supplémentaires et les autres éléments de rémunération sont à traiter séparément. Pour un temps partiel, le montant mensuel de cette colonne ne s’applique pas en totalité : il faut tenir compte de la durée contractuelle. Le Smic et les engagements plus favorables applicables au dossier restent également à respecter.
Pourquoi distinguer le 1er juin et le 22 octobre ?
Pour les entreprises adhérentes à l’organisation signataire
L’article 4 prévoit une entrée en vigueur à la signature pour les entreprises adhérant à l’organisation patronale signataire, la CNCT, avec une prise d’effet des mesures au 1er juin 2026. Les paies établies depuis juin doivent donc être examinées au regard de cette clause si l’employeur était lié par l’avenant.[2]
Pour les entreprises non adhérentes
L’arrêté formule expressément une réserve sur la dernière phrase de l’article 4 : l’accord ne s’applique aux entreprises non adhérentes à une organisation patronale signataire qu’à compter de la publication de son extension au Journal officiel. Pour elles, la date à retenir est donc le 22 octobre 2026, et non le 1er juin.[1]
Le fait que l’avenant ait été publié au Bulletin officiel des conventions collectives avant son extension ne rendait pas, à lui seul, la grille obligatoire pour ces entreprises. Pour la paie d’octobre, il faut distinguer les périodes avant et à partir du 22 octobre, selon les règles de calcul applicables au dossier. Il ne faut appliquer automatiquement ni un rappel depuis juin ni le nouveau montant mensuel à tout le mois d’octobre.
Quel effet sur un mois complet de paie ?
Exemple illustratif : pour un salarié au coefficient 180, le nouveau minimum horaire est de 13,20 €. Sur un mois complet de 151,67 heures entièrement soumis à cette grille, le montant correspondant est de 2 002,04 € bruts. Ce montant ne comprend ni les heures supplémentaires ni les autres éléments du bulletin.
Cet exemple ne constitue pas un calcul de la transition d’octobre pour une entreprise non adhérente. Si le salarié perçoit déjà une rémunération supérieure au minimum correspondant, la revalorisation de la grille n’impose pas, à elle seule, une augmentation identique de son salaire.
Que vérifier avant de valider les bulletins ?
- La convention effectivement applicable à l’entreprise et le coefficient du salarié.
- La situation de l’employeur au regard de l’organisation signataire et la date à laquelle l’avenant le lie.
- Les minima du logiciel pour chaque période concernée, sans se limiter à l’intitulé de la mise à jour.
- Les éventuels écarts de rémunération et les régularisations nécessaires sur les bulletins et les déclarations.
L’avenant ne prévoit pas de régime spécifique pour les entreprises de moins de 50 salariés. Les petites structures relevant de son champ sont donc également concernées.[2]
Questions fréquentes
Faut-il attendre le 1er novembre pour appliquer la grille aux non-adhérents ?
Non. L’arrêté prend effet à sa publication, le 22 octobre 2026. L’avenant ne reporte pas cette application au premier jour du mois suivant.
La publication impose-t-elle un rappel depuis le 1er juin à toutes les entreprises ?
Non. La réserve de l’arrêté exclut cette lecture pour les employeurs non adhérents. Les entreprises déjà liées par l’avenant doivent examiner leur propre date d’application.
Peut-on reprendre le barème de la boucherie ?
Non. Cet article porte sur l’IDCC 953. Les barèmes de boucherie et de poissonnerie de l’IDCC 3254 correspondent à une autre convention.
Faire le point sur vos dossiers de paie
Vous souhaitez vérifier les coefficients, les minima et les dates retenus sur vos bulletins ? Je peux examiner vos éléments de paie et les déclarations sur le périmètre défini ensemble.
Si des corrections sont nécessaires, leur réalisation peut être définie dans une mission de reprise et de régularisation.
À lire également : Les grilles distinctes de la boucherie et de la poissonnerie.
Lauriane Germany, Nexus Paies Conseils. Publié et vérifié le 22 octobre 2026.

